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Retour en arrière toute ! – 6 juin 2018

Notre mode de vie s’est fait sur la destruction des autres modes de vie, au début par souci d’impérialisme et aujourd’hui essentiellement pour accéder à leurs ressources en sous-sol.

Au final nous avons nettement plus détruit que construit : que les cultures d’avant étaient douces ! Nous les avons détruites pour notre seul petit rêve de progrès qui a répandu la misère partout. Nous, oui, pas eux : car nous nous en satisfaisons, massivement.

Un océan de destruction pour un îlot de modernité déshumanisée.

Non seulement le mythe des sociétés premières précaires et violentes est faux, archi-faux, mais la nôtre de société est violente, réellement, et a créé la précarité partout ailleurs, au nom de sa réussite locale et de son idéologie qui nous aveuglent par médias interposés.

Les chocs en retour arrivent, massivement : le réchauffement climatique – à cause duquel nous devrions quitter notre dépendance au pétrole selon Rob Hopkins, et le pic de production de pétrole – qui implique que nous devrons quitter le tout pétrole, toujours selon le même Rob qui a un peu abandonné ce discours depuis 2008, tout content qu’il est de la réussite médiatique d’Ungersheim et du film Qu’est-ce qu’on attend. Il est trop content de se réjouir, car l’optimisme est contagieux, n’est-ce pas Rob ?

Sauf que la réalité n’est pas rassurante. Les chantiers du genre d’Ungersheim ne sont pas suffisamment nombreux, ni à la hauteur, et l’optimisme n’est pas suffisamment contagieux, d’où l’abîme qui arrive. Sans compter la transition énergétique vendue par le même film, fausse piste, entourloupe qui ignore le bonheur passé des sociétés détruites et qui poursuit dans la droite ligne de la modernité – fut-elle perfusée aux énergies renouvelables, la belle couillonnade !

Faut pas faire peur ? Ben comment ne pas avoir peur quand nous voyons les dégâts causés, innombrables, démesurément destructeurs ? Ces derniers temps, à nouveau des inondations, dans des endroits jusque là encore épargnés. Dans l’Eure par exemple. Ça se rapproche, ça prend de l’ampleur.

Vous voulez des sources pour vous prouver que ce que je dis sur le bonheur des sociétés primitives n’est pas une erreur de jugement ? Car je sais bien que Zola vous pollue la tête, avec ses descriptions cauchemardesques, mais ce qu’il décrit est déjà la conséquence de la révolution industrielle ! Alors vous allez sortir votre joker : la misère au Moyen-Âge, ou les Inuits qui mangeaient leurs enfants…

Je vais vous proposer quelques sources qui contredisent votre schéma de pensée erroné :

- Majid Rahnema, Quand la misère chasse la pauvreté, puis La puissance des pauvres ;

- Pieds nus sur la terre sacrée, lisez juste le premier texte, reproduit ci-dessous, sous l’illustration ;

- Le chemin des neuf mondes ;

- De mémoire indienne ;

- Walden, écrit en 1854 ;

- Message des hommes vrais au monde mutant ;

- Âge de pierre, âge d’abondance ;

- Le Papalagui ;

- La femme feuille ;

- Les sociétés traditionnelles au secours des sociétés modernes (épuisé) ;

- Le développement, histoire d’une croyance occidentale ;

- Face au monstre mécanique ;

- Les sept plumes de l’aigle ;

- Tous les livres de Jean Ziegler dont Destruction massive ;

- Le commerce, c’est la guerre ;

- Comment tout peut s’effondrer.

N’en jetez plus !

 Retour en arrière toute ! - 6 juin 2018

Pieds nus sur la terre sacrée, premier texte, « Le soleil du matin, la douce terre nouvelle et le grand silence » écrit par Black Hawk, le chef des Souks et des Foxes.

« Nous avons toujours eu beaucoup ; nos enfants n’ont jamais pleuré de faim, notre peuple n’a jamais manqué de rien… Les rapides de Rock River nous fournissaient en abondance un excellent poisson, et la terre fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, de citrouilles et de courges… Ici était notre village depuis plus de cent ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée du Mississippi sans qu’elle nous fût jamais disputée… Notre village était sain et nulle part, dans le pays, on ne pouvait trouver autant d’avantages ni de chasses meilleures que chez nous. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui devait advenir, et qui est advenu, personne dans le village ne l’aurait cru. »

Autres extraits : page 62 de l’édition Folio sagesses : « il n’y a pas d’Indien qui ne se regarde comme infiniment plus heureux et plus puissant que le Français. »

Page 84 : « Jadis nous étions heureux sur nos terres et nous avions rarement faim parce qu’alors les deux-jambes [êtres humains] et les quatre-jambes [animaux quadrupèdes] vivaient ensemble comme une grande famille et il y avait assez de tout, pour eux comme pour nous. »

Et il faut ajouter que leur mode de vie était non seulement heureux et confortable, mais écologique au sens qu’il ne détruisait rien. Dans Pieds nus sur la terre sacrée, c’est la nature qui parle au travers des paroles des Peaux-Rouges.

Mais un tel témoignage vous fera-t-il remettre en cause le progrès dont vous êtes seulement 20% à tirer les bénéfices chimériques et pervers ? Je suis plutôt certain du contraire, au vu de ma triste et désastreuse expérience pour tenter d’ouvrir les yeux de ceux qui vivent dans les pays riches et de changer les consciences occidentales.

Je vous le répète, la destruction des sociétés traditionnelles était et est encore consubstantielle à notre développement. Et nous en sommes complices lorsque nous décrétons, en boucle et en cœur, qu’on ne peut pas revenir en arrière, ou que la recherche trouvera une solution.

Le fait qu’il faille arrêter de nous culpabiliser n’y changera rien : soit nous entrons en décroissance en renouant avec des manières de produire artisanales, soit nous nous fascisons encore davantage. Jusqu’à y passer à notre tour.

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citations trouvées par Evelyne :

Curieuse protection de «l’environnement», ainsi prise en charge par la caste dirigeante du système qui la pille.
L’air que nous respirons est-il rentable ?
L’hypocrisie, c’est d’associer la nature à son contraire: la rentabilité, la production.
La nature est à la mode dans les sociétés qui la ravagent.
Protection de la nature ou de la société qui vit de la détruire? Bernard Charbonneau

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L’homme est apparu comme un ver dans un fruit, comme une mite dans une balle de laine, et a rongé son habitat, en sécrétant des théories pour justifier son action.
Le vieux contrat qui unissait le primitif et son habitat a été brisé d’une manière unilatérale par l’homme dès que celui-ci s’est cru assez fort pour ne suivre dorénavant que les seuls lois forgées par lui-même. Jean Dorst / La nature dé-naturée.

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La création de réserves naturelles est, pour l’économie et la technique, un moyen de s’acheter une bonne conscience envers la nature et de se déchaîner sur le reste de la Terre.
Il est évident que, si à partir d’un certain moment, les intérêts de la nature ne priment pas les intérêts économiques, la nature disparaîtra inexorablement et d’une manière accélérée.
Tant que nous ferons de la protection de la nature subordonnée à l’économie, tant que nous n’aurons pas conçu et fait concevoir la protection de la nature comme antagoniste de l’économie, tant que nous ne comprendrons pas que le besoin et le respect de la nature sont seuls capables de modérer une technique déchaînée, nous n’opposerons qu’un combat retardateur, et nous irons d’échec en échec.
Robert Hainard /Expansion et nature/Le courrier du livre

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Survie de la nature et de l’humanité ou survie du capitalisme, il va nous falloir choisir et choisir vite ! Marc Jutier

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L’homme assassine toujours ce qu’il aime; ainsi nous, les pionniers, nous avons tué notre nature sauvage. Certains disent que c’était nécessaire. Peut être, mais je suis heureux de ne pas devoir être jeune à une époque où il n’y a plus de nature où profiter de sa jeunesse. A quoi bon la liberté, sans espace vide sur la carte ? Aldo Léopold

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