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Le triangle de la décroissance – 15 octobre 2018

Il faut définitivement tordre le cou à tout nouvel internationalisme, proposé par Pierre Bourdieu dans Contre-feux, ou à tout alter-mondialisme, fussent-ils pavés des meilleures vertus morales. Car si l’on partage le pétrole, ou le charbon, à l’échelle du globe, de manière équitable, ça ne fonctionne pas : les prix du pétrole exploseraient nous continuerions à surchauffer, et aucune instance n’en a la capacité. Donc retournons à la réflexion et à l’action locales. Là où la concertation est possible.

Prenons un cas d’école, embryonnaire certes, mais réel, on n’est pas dans le « faut qu’on y’a qu’à » : Evreux.

1800 m² de terrain en friche, un ancien pâturage à moutons, mis à la disposition d’un collectif d’associations par le maire d’Evreux et président de l’agglomération Evreux Portes de Normandie, sous convention, pour y planter une forêt nourricière. Et une capacité potentielle, pour ce collectif, d’approcher d’un peu plus près un territoire en transition vers l’après pétrole. Pour impulser la mise en branle d’une abondance gratuite, non seulement alimentaire (forêts nourricières démultipliées, incroyables comestibles…), mais aussi vestimentaires, gros chantier, et encore dans l’habitat, la vannerie, la poterie…

Le triangle de la décroissance – 15 octobre 2018

Une telle puissance de concertation locale qui définissait la liberté des anciens selon Antoine Bévort dans son livre paru en 2002 : Pour une démocratie participative, la liberté des modernes étant devenue l’individualisme, une telle puissance de concertation s’agrémentera aisément de décisions partagées pour, par exemple, se laver à l’eau froide, à l’aide d’un vieux linge type tee-shirt. Cet exemple n’est pas exactement pris au hasard comme nous le verrons en conclusion. Mais prise à l’échelle d’un territoire de 100 000 habitants, cette décision concernant l’inénarrable douche est bien loin des comportements individuels et du petit colibri qui fait sa part… Et surtout ça nous change sacrément des raisonnements par procuration en référence à Trump !

Autant Gandhi affirmait que «donner l’exemple n’est pas le meilleur moyen de changer le monde, c’est le seul», autant donner à voir un exemple d’action concertée et collective est bien meilleur comme le chantait Nino.

On peut ainsi dessiner un triangle aux trois sommets duquel se placent l’artisanat, la concertation et l’abondance gratuite. Et l’on peut dés lors y placer, au centre, l’harmonie habituellement attribuée aux amérindiens. C’est-à-dire le sacré accordé au monde dont nous faisons partie.

Merci, une énième fois, aux cafés philo – et ici en l’occurrence au café des Phares du 14 octobre dont le thème était : «Faut-il défaire le monde ou empêcher qu’il ne se défasse ?»

Où il fut souvent question de refaire le monde et de douche limitée à quelques minutes, comportement individuel relevant du sacrifice sans réelle portée, à moins qu’il soit vraiment imité largement. D’où la concertation nécessaire.

Je reviens au sujet : lorsque j’entends qu’il faut détruire le capitalisme je demande : « et que feras-tu après ? Une fois qu’il sera détruit ? Que reconstruiras-tu ? » Et j’ajoute : « une fois que tu auras répondu à ces questions, commence directement par construire l’après capitalisme, ça sera plus simple. »

Pour terminer sur une note d’humour : je n’ai pas tout dit sur ma douche. D’abord je ne prends pas de douche puisque je me lave au lavabo, en remplissant deux fonds de lavabo. Le premier pour mouiller mon vieux tee-shirt, en ce moment c’est celui de SKB – afro-rythm’®, tous les matins je pense à Louis-Félix Basile, et faire un premier rinçage. Le second pour le deuxième rinçage.

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