Non classé

Armes – 29 mars 2019

Cet article fait suite à Revendication, auto-organisation, communalisme – 20 mars 2019, au Diamond à Evreux

Les deux expériences en cours du communalisme les plus significatives, toutes deux décrites dans les dix pages d’encart central de CQFD de mars 2019, sont le Chiapas au Mexique et le Rojava en Syrie.

Toutes deux ont ce point commun : elles ont pris les armes.

Raisonnement simpliste que je me suis entendu dire par une personne savante, moqueuse : « s’il faut prendre les armes pour mettre en place ton municipalisme, non merci ! » Comme quoi on peut être savant et parfois totalement con. Passons.

Pour le Chiapas voir la fiche wikipédia du Sous-commandant Marcos et les publications de Jérôme Baschet.

Pour le Rojava j’ai déjà publié une vidéo et autres références par ailleurs sur ce blog.

J’avais eu cette réflexion un peu désabusée : « ou comment Murray Bookchin fait naître des adeptes chez ces Syriens aux appartenances ethniques et religieuses multiples… (…) où les dominations multiples, religieuse, adulte, masculine, politique, en prennent aussi pour leur grade, où cette utopie est possible même en territoire en guerre, alors nous, en France, ne pourrions-nous pas nous en inspirer ?!»

.Armes - 29 mars 2019

 petit veau des highland

Et c’est sur cette réflexion qu’il me faut aujourd’hui revenir.

 

Car finalement ça n’est peut-être pas une coïncidence si ces deux territoires ont pris les armes pour instaurer cette démocratie à petite échelle, alors que nous, en France comme dans tant d’autres contrées, nous nous contentons de nos régimes plus ou moins totalitaires de grande taille sans nous bouger plus que ça, car, dans le fond, n’est-ce pas, nous nous y retrouvons dans ces régimes certes injustes et destructeurs mais desquels nous tirons les marrons du feu, alors cool, pas de panique, pas de révolution, une action militante à la marge ça suffira bien !!

 

Ici il y deux questions qui me taraudent :

- qu’est-ce qui fait que ces deux peuples ont pris les armes pour une cause juste qui nous rend, nous occidentaux, tellement indifférents, alors que nous n’avons pas besoin de prendre les armes pour aboutir au même résultat ?

- Et par opposition, d’où viennent notre inhibition et notre passivité ? Qu’est-ce qui fait que nous, occidentaux qui vivons dans un environnement nettement moins dur politiquement, beaucoup moins dictatorial militairement, qui n’avons pas besoin de passer par une prise d’armes pour viser les mêmes buts, qu’est-ce qui fait que nous ne fassions rien pour atteindre le même résultat alors que ça devrait être tellement plus facile pour nous ?!! Autrement dit nous n’avons pas compris le sens de leurs luttes, ni le but qu’ils poursuivent – et qu’ils atteignent à la minute où ils boostent dehors les politiciens technocrates qui les dominent.

 

Première ébauche de réponse : d’un écart plus grand entre nos racines et le contemporain, d’un oubli. Et d’un conditionnement médiatique plus fort.

Cet écart se mesure par la méconnaissance du sens d’une vie simple, proche de la nature, libre, digne, décidément cette notion de dignité – merci Grozeille – revient souvent ! Elle est probablement le contraire de la soumission, et ne pas vouloir revenir à ces modes de vie d’antan est déjà un signe de soumission intériorisée. Souvenez-vous qu’Auguste Blanqui était en prison pendant la Commune de Paris, probablement parce que Thiers avait senti qu’il aurait été capable de réveiller cette lucidité chez les insurgés…

Lire L’Enfermé, c’est très probablement une autre occasion de compléter notre éducation politique, ainsi que le suggérait déjà le formidable DVD sur Les groupes Medvetkine (disponible à la médiathèque d’Evreux). Et lire L’Enfermé après tout ce que nous avons déjà appris, sur Bookchin, sur le Chiapas, sur le Rojava, sur les groupes Medevetkine, sur ce blog !, c’est encore bien mieux…

Avocataix |
Ponoursland |
Ma vie d'élue |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Troublecanceller
| Kanimezin
| Passages de Lumière